Bon d’accord, le titre est un peu racoleur, dans la mesure où je n’ai pas gravi la totalité de la plus haute montagne d’Afrique. Je me suis contentée du tronçon jusqu’au 1er camp de base. Mais peu importe : mes pieds ont foulé le mont sacré et l’expérience était si belle qu’elle en vaut bien un article !

Première étape d’un périple de 15 jours entre copines en Tanzanie, nous mettons directement le cap sur le Kilimandjaro Airport, en arrivant à Dar es Salam. Depuis le hublot de notre tout petit coucou à hélices – sur une compagnie locale dont on oubliera délibérément de vérifier si elle est black-listée ou non – , on découvre depuis les airs ce monument naturel mythique, tout de blanc couronné.

 

 

A la sortie de l’avion, nos guides nous accueillent avec une petite pancarte à nos noms. Hé oui, la Tanzanie est un pays qui se visite peu en autonomie. Les parcs animaliers ou de montagne exigent la présence de guides locaux et il est compliqué (et pas forcément plus économique) de se débrouiller par soi-même. Pas trop notre tasse de thé, ma compagnonne de voyage et moi-même préférons habituellement barouder et nous organiser dans notre coin.
Néanmoins, nous avons choisi la destination en connaissance de cause et contre mauvaise fortune bon cœur, nous essayons de trouver une agence qui colle à nos désirs : pas de grosse usine à gaz, engagement auprès de communautés locales… En farfouillant sur internet, nous réalisons une très bonne pioche : nous nous affilions les services 5* de Marjorie et Filbert, qui nous accompagnent dans l’organisation de notre séjour, afin qu’il ressemble le plus possible à ce que nous avons en tête, en gardant quand même une vraie dimension « Sac à Dos ».
Après plusieurs allers-retours, nous arrivons au deal parfait. Et au final, les semaines précédant les vacances ayant été très intenses, nous sommes ravies d’avoir l’esprit 100% libre et de nous laisser driver, en posant le pied sur le sol Tanzanien.

Après une petite heure de route ponctuée d’arrêts fréquents pour admirer le paysage et prendre le Kili en photo (nos guides nous affirment qu’on le voit rarement aussi bien que ce jour-là), nous arrivons à Arusha. C’est depuis cette base arrière tentaculaire que partent la plupart des excursions.
Nous découvrons avec bonheur la petite guesthouse ultra-charmante où nous passerons nos deux premières nuits. Nous qui pensions avoir réservé l’option Low Cost, on nous a chouchouté pour notre arrivée. Belle surprise.
Nous dinons le 1er soir dans un chouette restaurant éthiopien, pas très loin de notre hébergement. Tellement pas loin qu’on s’y rendrait bien à pieds. Mais le gardien de l’hôtel est formel : à la nuit tombée, on se déplace en taxi.
Derrière le grand portail en fer, se cache une petite table sans chichis, où l’on mange avec les mains. Et si on a oublié son gel hydroalcoolique, pas de souci : la serveuse nous amène de quoi nous laver les mains directement à table, avec une jolie carafe en métal. On déguste du bout de nos doigts immaculés des plats locaux, de la viande et des légumes en sauce, avec des injera, des sortes de crêpes à base de farine de teff et de levure. Très bon.

 

 

L’ascension totale du Kilimandjaro nécessitant entre 5 et 10 jours, nous avons choisi une version plus douce et moins longue : une rando d’une journée pour effectuer l’aller-retour au camp de base de l’une des différentes voies de grimpette.
Après une première nuit dans notre chambre de princesses, notre réveil sonne aux aurores et nous faisons la connaissance de Saladimi, notre guide de montagne. Le sentier que l’on empruntera ce jour-là n’est pas très technique et si bien balisé qu’il est impossible de se perdre. Néanmoins, le parc national du Kilimandjaro interdit de randonner en autonomie. Il faut être accompagné.
On fait avec et c’est très bien car Saladimi est un puits de connaissances, dont il nous abreuve allègrement durant tout le parcours.

Du swahili « Kilima » et du dialecte ethnique Chagga « Kyarua », littéralement la montagne des Dieux, le Kilimandjaro est un vrai monstre. Né de la fusion de 3 volcans gigantesques, ses 60 kilomètres de diamètre et ses 5 896 mètres érigés en plein milieu de la savane en font la plus grande et la plus haute montagne isolée au monde.
6 itinéraires de trekking différents conduisent sur le toit du continent africain. Tous partent de Tanzanie, une fierté nationale face au Kenya, qui ne fait que caresser des yeux le divin massif, sans jamais pouvoir y monter.
De la plus simple (façon de parler !) à la plus ardue, les 6 voies sont toutes très empruntées et ce, quasiment toute l’année. Sur le papier, elles sont chacune limitées à 60 personnes par jour. Mais il parait que la règle n’est pas toujours respectée. Saladimi nous confirme qu’en saison haute, on peut en effet compter près de 300 marcheurs au sommet en même temps ! Pratique pour se réchauffer : en plein hiver, la calotte est balayée de vents glacés et la température avoisine les -10°C.
Guide chevronné, Saladimi est habitué à effectuer l’ascension jusqu’à 3 fois par mois en pleine saison touristique. Autant dire que la rando du jour est une petite promenade de santé pour lui.

Nous partons par la voie Marangu, surnommée voie « Coca-Cola » car elle présente moins de difficultés que ses consœurs. C’est aussi la seule à proposer des randonnées à la journée. On s’économise quelques centaines de mètres de dénivelé en voiture, en montant jusqu’au village de Marangu, perché sur les contreforts du Kili. On traverse des paysages bien étranges pour ces latitudes. Ambiance de petit patelin de montagne : rien ne laisserait penser que l’on est en Afrique.
On franchit la porte du parc, prêtes à en découdre avec la nature !

 

 

De la base au sommet, plusieurs écosystèmes successifs jalonnent le massif : de grandes plaines tout autour, où l’on peut avoir la chance d’apercevoir les animaux de la savane ; une forêt tropicale ; des plateaux volcaniques ; un désert d’altitude ; et les glaciers de la zone arctique, tout en haut.
De ces cinq zones, nous n’en verrons que deux : les plaines et l’impressionnante forêt tropicale, dont la végétation évolue à mesure que nous grimpons, comme pour nous encourager dans notre progression.
En théorie, la faune est riche et les sous-pentes forestières abritent des singes mais aussi des léopards ou des buffles. On frissonne à l’idée d’en croiser, mais les seuls animaux que l’on rencontrera seront des oiseaux, des écureuils et des dik-dik, cousine naine terriblement mignonne des antilopes.
Alors qu’on ne prend que des clichés de paysages, Saladimi nous fait régulièrement prendre la pose « pour que nous ayons des photos souvenirs ». Trop sympa.

A défaut d’animaux pour nous impressionner, nous croisons tout au long du parcours des porteurs qui accompagnent les groupes et qui forcent le respect. Ces véritables hercules locaux partent avec leur propre paquetage, d’une bonne quinzaine de kilos, et en trimballent encore une petite trentaine supplémentaires : vivres, bombonne de gaz, eau, etc. pour toute la troupe.
Avant d’être guide, c’est ainsi que Saladimi a fait ses armes (et ses muscles !). Il nous parle de cette expérience lointaine comme d’un souvenir douloureux pour ses lombaires. On le croit sur parole et on arrête de broncher, avec nos maigres sacs de 3 kilos sur le dos !

Notre rando nous emmène au 1er camp de base de la voie Marangu et nous fait passer de 1900m à 2700m d’altitude. Quand la météo est clémente, on peut pousser un peu la grimpette pour aller admirer le début du plateau volcanique qui s’étend jusqu’à la 2ème étape du trek. Mais nous n’avons pas de chance aujourd’hui et la totalité de notre marche se fait au mieux sous la grisaille et au pire sous la pluie. Le ciel radieux et les mots de la veille de notre guide nous reviennent en tête : nous avons vraiment eu beaucoup de chance de voir le mont si dégagé.

 

 

Arrivés au camp de Mandara Hut, nous nous arrêtons pour déjeuner. Des petites constructions en dur servent de gîte aux grimpeurs et leur permettent de mieux récupérer qu’une nuit en tente.
Nous mangeons dans le hall principal. Nous sommes curieuses d’ouvrir les lunch box préparées par l’agence de voyage (quand je vous dis que nous avions l’esprit libre sur ce séjour, ça se vérifie jusque dans l’estomac !).
A près de 3000m, la température est très basse et nous nous pelotonnons comme des pingouins avec A. pour nous tenir chaud. Le bleu profond de nos lèvres indique qu’il est temps de repartir dans l’autre sens.

 

 

Contrairement à d’autres sommets sur le globe, le géant africain a la réputation d’être facile, car il ne requiert pas de compétence d’alpinisme, juste une bonne condition physique et suffisamment de temps pour s’acclimater. Ça donne franchement envie de revenir s’y mesurer un jour, comme le font 25 000 marcheurs chaque année. Et vite, puisque si les neiges en recouvrent encore une bonne partie, les pronostics sont alarmistes et elles n’ont d’éternelles que le nom. Malgré les mesures prises depuis son inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1987, entre l’érosion, le réchauffement climatique et la déforestation, les espoirs des scientifiques fondent encore plus vite que les glaciers, qui devraient disparaitre d’ici 2030 si rien ne change.

Curieux des motivations des touristes, Saladimi nous demande les raisons qui nous poussées à venir ici. Nos réponses sont un peu candides, mais franches : il est des endroits dans le monde qui nourrissent notre imaginaire et que l’on rêve de découvrir un jour. Celui-ci en faisait partie. Il sourit et valide. Il nous raconte que beaucoup de touristes américains lui répondent qu’ils viennent pour la performance physique. Mais que les français sont plus romantiques. Il a vu de nombreux couples réaliser l’ascension de la montagne sacrée en guise en voyage de noce. Une belle idée à garder sous le coude !

A la porte d’arrivée, les marcheurs se pressent pour la photo souvenir. Un groupe de coréens nous prend pour mascottes et nous réclame sur la leur. On accepte, bonnes joueuses.

 

De retour à Arusha, on s’endort comme des bébés, un peu cuites du long voyage de la veille et des 8h de marche de la journée. Et surtout, on veut faire le plein d’énergie : pour la suite du programme, nous avons rendez-vous avec la savane et ses locataires de tout poil !
A suivre très bientôt !

Infos pratiques :

HÉBERGEMENT
Outpost Lodge – 37A Serengeti Road
Belles chambres spacieuses et hyper propres, buffet de petit déj varié, bon resto sur place. Un peu isolé, dans un quartier résidentiel, ce qui oblige à prendre des taxi la nuit pour se déplacer, même à 150m.
www.outpost-lodge.com

RESTO
Spices and Herbs – Simeon Road
Restaurant éthiopien, qui propose aussi des plats occidentaux pour les moins téméraires. Assiettes un peu frugales, mais plats très parfumés et service aux petits soins.
Plats entre 15 000 et 25 000 Tsh (entre 6 et 10€)

AGENCE
Marjorie et Filbert, safaris en Tanzanie, Zanzibar, Kilimandjaro
Marjorie est une française à l’histoire aussi romantique qu’atypique. Tombée amoureuse de la Tanzanie et de l’un de ses habitants lors d’un voyage, elle s’est mariée et organise avec son amoureux des voyages clés en mains afin de financer un projet d’hébergement à Zanzibar.
Le contact est très facile et très chaleureux, Marjorie est adorable et ne lésine pas sur les allers-retours de mails en amont, pour que le séjour colle parfaitement aux envies des voyageurs. Une fois sur place, elle est ultra-réactive par whatsapp pour toute question que ce soit.
Contact via la page Facebook ou par mail : marjorie.ricci@gmail.com
Notre offre packagée pour l’ensemble du séjour (Kili + safaris) et tarif à découvrir ici.

2 thoughts on “On a marché sur le Kilimandjaro”

  1. Je pleure comme une madeleine…

    Je suis touchée en plein cœur…

    Ce blog est juste excellent. Tu écris bien et il y a tout plein de photos…

    C’est une énorme surprise. Que de jolis mots sur nous !

    Merci, merci, merci.

    Je garde au chaud la surprise pour partager sur mes pages vendredi puis samedi soir.

    Je vais sécher mes larmes de crocodile-du-Serengeti.

    Je suis tellement heureuse que l’on ait pu contribuer à ce bonheur ! Qui rebondit sur nous ! Vive les voyages !

    Je vous embrasse !

    Marjorie

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