Un des grands soucis existentiels que l’on rencontre en voyage, quand on est une femme, c’est qu’on ne ressemble à rien. Attention : on est toutes d’accord pour dire qu’il s’agit là d’une question bien futile et que nous sommes profondément heureuses de profiter de ces moments loin de nos habitudes pour nous défaire de nos artifices et laisser notre peau ou nos cheveux tranquilles. C’est d’ailleurs autour de ce principe de dualité que j’ai choisi de me définir sur PushUp et Sac à Dos.
Il n’empêche que, aussi roots que l’on puisse être, d’après mes échanges avec d’autres voyageuses ou mes lectures sur d’autres blogs (mention spéciale à cet article magnifiquement illustré de ce blog que j’adore), je me rends compte qu’en tant que backpacker pourvue d’une poitrine et d’un utérus, on est toutes plus ou moins concernées par ce grand sujet de fond.

En consultant les rubriques « Voyager au féminin » qui fleurissent de plus en plus dans les guides de voyages (hé oui, nous sommes en 2017 et même Le Routard vit avec son temps), ces derniers sont unanimes : « Évitez de porter des bijoux », « Bannissez les vêtements sympas qui vous mettent en valeur », « Surtout pas de sac à main », …
En bref : « Ressemblez le plus possible à un sac à patate ». La bonne nouvelle, c’est qu’il existe un pays magique où l’on peut combiner sac à patate et coquetterie, et que je l’ai visité le mois dernier.

S’il est un pays où 99,99% des femmes sont canons, c’est bien l’Inde. Féminines de la pointe des pieds au sommet du crane, on a l’impression de croiser à tous les coins de rue la cousine d’Aishwarya Rai qui s’en va au marché (un bon titre de comptine, ça !). Il y a certes un soupçon d’injustice génétique derrière tout ça, mais pas que.
Alors quelle technique piquer à nos copines bollywoodiennes pour rehausser notre look classique de voyageuse ?

1. Bijoux précieux

L’Inde est le paradis des bijoux. Argent, or, pierres précieuses plus ou moins vraies… On en trouve partout, sur les marchés, dans des boutiques ou dans les temples.
Au-delà de l’aspect esthétique, chaque ornement y va de sa petite tradition, renvoie à une symbolique spirituelle ou atteste d’un statut social :

  • Les rivières de bracelets colorés, en verre ou en métal, qu’arborent les indiennes aux poignets produisent des cliquetis à chaque mouvement de bras, censés éloigner les mauvais esprits. A 10 rupees la parure de 10 bracelets, on peut faire le plein et on est sûres de tenir à distance les démons et autres lutins malicieux.
  • Les chaines de chevilles permettaient traditionnellement de souligner la seule partie du corps que l’on pouvait apercevoir chez les femmes. Munies parfois de grelots, on en équipe alors sa progéniture. Plus efficace qu’une nounou, on commence à s’inquiéter quand on n’entend plus les gling-gling.
  • Les bagues d’orteil embellissent les petits petons des femmes mariées. Je n’ai pas retrouvé la confirmation de l’info sur internet, mais j’ai entendu à 2 reprises lors de mon voyage que loin d’être de simples alliances, ces bagues de pieds stimulent en fait un point relié à l’utérus, dans l’optique de le renforcer pour favoriser la nidation et éviter les fausses couches. Et comme dans la culture indienne les femmes non-mariées ne sont pas censées avoir de rapports sexuels, elles n’ont en théorie pas besoin de renforcer leur utérus… La mode faisant évoluer les mœurs, de plus en plus de jeunes filles parent aujourd’hui leurs orteils de ces jolis anneaux en argent.
  • Les bijoux de peau ornent les visages de toutes les femmes. A la base, tous les hindous quelque soit leur sexe portent un tikka, cette marque située entre les sourcils, au niveau du 6ème chakra. Rendant hommage au 3ème œil de Shiva, sa couleur et sa forme renseignent aussi bien sur le statut marital que sur l’appartenance à un groupe religieux en particulier. Traditionnellement réalisé avec du curcuma ou de la cendre de bouse de vache séchée (si, si, c’est bon pour peau !), il s’est esthétisé à travers les âges et on le retrouve désormais sur le front des indiennes sous forme de bindi, un bijou autocollant plutôt bling-bling, à assortir à sa tenue.

De quoi se la jouer princesse des mille et une nuits (les cheveux hirsutes et les aisselles poilues en plus !).

 

2. Robe de princesse

Que celle qui n’a jamais eu l’impression de se balader en pyjama en voyage me jette la première paire de chaussettes ! Les sarouels et autres pantalons baggy-fakir-style, c’est sympa, c’est pratique, c’est rigolo, mais disons-le franchement, ça ne va à personne. Surtout si on l’agrémente d’un vieux t-shirt informe, réservé habituellement à de grandes occasions, type poser du placo ou repeindre son salon…
En Inde, il y a vraiment moyen de souligner sa silhouette avec style, version Cristina Cordula de la déesse hindoue, en adoptant les tenues locales.

  • Pour les plus audacieuses, pourquoi ne pas tenter le Sari ?
    Sa légende distille des symboles qui témoignent d’un vrai respect pour le corps de la femme, trop souvent oublié aujourd’hui. Bon, ça commence assez mal, puisque l’histoire raconte que la fille d’un grand sultan aurait été promise comme récompense lors d’un duel perdu. Afin déshabiller la demoiselle pour pouvoir profiter de leur lot, les méchants tirèrent et tirèrent encore sur les pans du tissu de son sari, mais celui-ci se déroulait à l’infini et ne dévoila jamais l’intimité de la princesse.
    Tout ça pour dire qu’en plus d’avoir le look, cocotte, pas de risque de se retrouver à poil, avec ses 5 à 8 mètres de tissu, enroulés au dessus de la tête dans le Nord du pays et et jeté par dessus l’épaule dans le Sud.
    Par contre, il faut être honnête : c’est pas le plus pratique pour bourlinguer avec un sac à dos. Je ne l’ai moi-même donc pas testé et j’avoue ne pas avoir vu une seule occidentale en sari.

 

  • Plus facile à porter et adopté d’ailleurs par une grande partie des indiennes, le salwar-kameez (appelé aussi pendjabi ou kurta pajama, même si cette dernière appellation désigne souvent la tenue masculine) permet également de laisser au placard nos t-shirts XXL.
    Deux pièces le composent : le bas, le salwar, originellement un pantalon large resserré aux chevilles, détrônés peu à peu des podiums par des pantalons plus ajustés (ou comment retrouver ses jambes avec bonheur !) et le haut, le kameez, une tunique plus ou moins longue, à la coupe étonnamment près du corps pour la culture indienne, vraiment ravissante pour marquer la taille.
    Les matières sont fluides et super agréables à porter, même par 60°C et 90% d’humidité.
    Bonus : on se fond dans la masse et on attire les regards plein de sympathie des locaux, hyper fiers de nous voir arborer leur tenue traditionnelle.
    Quelques exemples en vrac, vus sur place et dénichés dans des boutiques de vente en ligne :

3. Chevelure de rêve

Moi qui suis en guerre depuis toujours avec une tignasse crépouillue qui revendique haut et fort son indépendance et son refus de se soumettre à ce que je voudrai bien lui faire faire, comprenez que je fantasme total sur les cheveux lisses et soyeux des indiennes.
Voici les 3 secrets que j’ai appris de mes rencontres sur place, pour arriver à ce résultat à faire pâlir de jalousie Pocahontas :

  • Un soin de henné neutre naturel tous les trois mois pour fortifier, gainer et assouplir le cheveu,
  • Un bain d’huile de coco une fois par mois, à laisser poser une nuit entière pour hydrater et illuminer, + quelques gouttes tous les soirs en entretien, à faire chauffer au creux des mains et à répartir sur la chevelure,
  • Porter le plus souvent possible une coiffure en natte, pour protéger au maximum les cheveux de leur ennemis n°1, le vent et le soleil.

En accessoire, les indiennes attachent tout simplement à leur tresse des guirlandes de fleurs de toutes sortes : souci, chrysanthème, rose, bougainvillier ou jasmin, dont les enivrantes effluves se dégagent à chaque mouvement de tête.

 

 

Voilà pour un petit florilège des techniques chapardées lors de mon voyage en Inde. Avec tout ça, nous voilà prêtes à passer un casting pour le prochain Devdas !
Si l’on souhaite pousser plus loin la glam’attitude, on peut citer le maquillage également très sophistiqué des indiennes, ou encore les dessins au mendhi (le henné local) habillant leurs mains ou leurs pieds. N’ayant pas testé de me faire peinturlurer les pattes et ayant renoncé à me maquiller avec la chaleur sous peine de ressembler à Kung-Fu Panda, je ne pourrai pas en parler.
Mais en conclusion, qu’on soit girly un peu, beaucoup ou passionnément, les merveilles de l’Inde permettent à toutes de se chouchouter et se faire belle.

6 thoughts on “Se faire (la) belle en Inde”

  1. Merci, une des rares fois ou j’ai lu (jusqu’au bout) un article sur l’Inde sans être furieuse avant la fin.
    Je partage sur mon groupe Facebook « lovely India »
    Dhanyavad !

  2. J’adore 😍 C’est exactement ça toutes les Femmes et jeunes Filles sont magnifiques et élégantes ,sans chichi, simple mais tellement féminine 🇮🇳💕🙏🏽 Ont les envie 😍 Love India

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